Le désir

Entreprendre c’est en premier lieu décider. Décider nécessite une motivation. Mais alors, qu’est ce qui détermine la qualité d’une motivation? Laquelle, sera un élément capital de la réussite.
Eh bien, c’est ce pourquoi vous éprouvez le plus de…désir.
Le désir de plus de confort, de reconnaissance, de bien être, d’un meilleur revenu etc.

La dualité: peur/plaisir est toujours au centre de nos choix.
Il est bien connu que pour cesser de fumer il est plus productif d’investir dans des raisons positives (un footing plus facile, une économie financière, une haleine plus agréable etc.).
Les arguments tels que « le tabac tue » sont moins efficaces.
Notre espèce est paramétrée pour la recherche de bénéfices et pour échapper au danger. Mais lorsque un choix existe entre les deux, le premier l’emporte. Sinon pourquoi mettrions nous nos vies en danger dans la pratique d’un sport extrême. (Je l’ai fait). Pourquoi ces abus de nourriture, d’alcool. De chocolat (je l’ai fait) etc.
Le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont pour moteur la peur (push) et ceux qui sont portés par le désir (pull)
Les premiers se laissent conduire par les événements, la conjoncture. Ils se laissent porter par le mouvement du plus grand nombre. Puis ils essaient d’échapper à ce qui les menace: la précarité, le stress etc. Nous marchons devant nos peurs et derrière notre bonheur.
Les seconds se projettent dans ce qui donnera un sens à leur vie. Lorsque je parle de plaisir, je ne fait évidemment pas allusion à celui du court terme mais à celui qui va perdurer dans le temps, qui va s’enrichir: le lieu ou l’on vit, quel type de profession, quelles activités sportives ou artistiques.

Alors voici comment vous mettre efficacement en action:
Visualisez d’abord votre objectif. Imaginez le but atteint puis mettez-vous à l’écoute de vos émotions. Identifiez les éléments qui génèrent le plus de satisfaction.
Il faut rendre cet objectif appétissant, désirable.
Voici un exemple: vous devez rédiger un rapport. Vous pouvez bien entendu être guidé par la crainte de ne pas remettre votre travail à temps ou bien qu’il ne réponde pas aux attentes de votre supérieur (push). Il est préférable d’évacuer rapidement ces arguments pour se concentrer sur les bénéfices: les satisfactions (surtout pour le long terme)- crédibilité, estime de soi, meilleure maîtrises des données etc (pull). L’objectif atteint (rédaction d’un rapport de qualité) doit ressembler au mille feuille aux fraises dans la vitrine du pâtissier. il doit vous faire saliver. Cela passe inaperçu, mais un simple regard distrait vers l’étalage induit un process inconscient pour mesurer le retour sur investissement de l’achat potentiel – un retour essentiellement émotionnel. Tous vos sens vont être sommés de répondre à la question: j’achète ou non.
Qu’elle est l’importance du paramètre désir dans une relation amoureuse? Demandons l’avis du public… La réponse est…capitale.
Le désir c’est cette goutte d’eau qui après des mois de sécheresse fait éclore herbes, fleurs et plantes.
Mais il ne doit pas être le « fruit » de la frustration. Car la frustration nait de l’absence mais aussi de l’intuition d’une impossibilité – la frustration de la richesse, de la reconnaissance, de la justice etc. Donc d’éléments négatifs.

Quels sont les nutriments du désir?
– le sens profond du projet: le vrai bénéfice et pour qui.
– une bonne adéquation entre nos capacités et le degré de difficulté:
– le nombre d’expériences passées ayant utilisé avec succès le désir.
– l’estime de soi
– l’identification de nos valeurs (connaissance de soi)
– une lecture enthousiaste de notre futur
– une bonne gestion de l’échec
– une dose d’altruisme

Il faut par ailleurs veiller à ne pas gâcher notre « appétit » inconsidérément.
Vous avez certainement déjà rencontrer des personnes qui au restaurant, en attendant que l’on serve l’entrée, fondent sur la panière à pain. Elles comblent ainsi une partie de leur faim et amoindrissent par la même occasion le plaisir qu’allaient leur procurer les plat à venir. Apprenez donc à être sélectif, qualitatif dans le choix de mets afin de préserver tout le potentiel de plaisir qu’ils vous réservent.
Lorsqu’est naît en moi le désir de pratiquer le parapente, cela l’a été pour différentes raisons: voler comme un oiseau (évidemment), le défit, une expérience rare, l’estime de soi, le partage au sein d’un groupe, une activité de plein air. Ces motifs se sont amalgamés dans un creuset pour donner naissance à une énergie intense qui a abolit tous les freins- danger, coût, temps et difficultés. Ce puissant sentiment m’a permis de dépasser tous les obstacles d’un apprentissage difficile et de m’emmener à 2500 m au dessus des sommets.
Pour permettre au désir d’émerger, il faut aussi affiner votre écoute à vos ressentis, car meilleure est votre reconnaissance des états émotionnels, meilleure sera votre capacité à les activer.
Par exemple vous êtes à la terrasse d’un café et vous sentez se manifester un projet encore un peu flou (partir faire un trek au Pérou?). À cet instant quels sentiments, quelles images, quel écho dans votre corps pouvez- vous identifier? Laissez chacun d’entre eux grandir. Apprenez à cultiver (au sens botanique) tout ces germes de désir. Visitez souvent vos semis, rechercher des semences nouvelles, préoccupez vous de bien les irriguer.
Ce « polaroīd », cet instantané de votre état émotionnel rangez le précieusement dans un tiroir car, comme la madeleine de Proust, il vous servira à faire ressurgir plus rapidement et plus intensément un désir. Certains projets ne génèrent pas instantanément un désir et une grande motivation. C’est le cas de ceux qui nous sont imposés par nos fonctions professionnelles, par la situation et les nombreuses obligations. Sans un véritable désir, s’y investir sera fastidieux, laborieux et l’efficacité ne sera pas souvent au rendez vous. De plus vous ne serez pas en mesure de capitaliser cette expérience de façon optimale. En effet, tout ce qui vous est imposé, qui ne génère pas du sens et du plaisir n’aspire qu’à être oublié. Comme la chemise de factures dans vos archives que l’on parcourt rarement par plaisir. Et d’ailleurs ne nous font grandir, que les difficultés choisies ou assumées.
La réalité de nos vies est faite, pour une grande majorité d’entre nous, de situations imposées et d’obligations. Pour beaucoup également, le désir est semblable au beau temps – nous n’avons aucun contrôle sur lui. Notre humeur et le bon déroulement de certaines activités sont liées à sont apparition. Nous allons devoir nous plier au bon gré de ses allées et venues.
Ces huit ou neuf décennies qui vous sont allouées pour effectuer le périple de votre vie ne sont pas assez nombreuses pour déléguer vos réalisations au facteur chance.
Comme pour toutes vos ressources et vos moteurs. ce sont vos degrés de conscience et d’intention qui vont déterminer votre niveau d’autonomie. Une autonomie prépondérante pour vous affranchir de tout ce qui vous entrave.
N’oubliez pas que les individus sont semblables à nos sociétés, régies par des normes, des lois, des interdits mais au sein de laquelle existe une certaine liberté. Curieusement « désirer » trouve son origine dans le latin « desiderare » qui signifie regretter. Prenez donc soin de ne pas laisser vos désirs- ceux qui ont un vrai sens, sur les starking blocks. Permettez leur de se déployer. Ainsi vos décisions seront portées par une réelle, énergie, une volonté d’action, d’entreprendre. Et vous ne tomberez jamais en panne « de sens ».

Crédit photo: www.sweetsalty.over-blog.com

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26nov