La fonction cognitive des émotions

Toutes les études éthologiques révèlent que la dextérité que l’on peut déployer dans une activité mais aussi la motivation qui la sous-tend, la capacité d’innovation ou d’apprentissage, dépendent bien souvent du lieu où cette activité s’exprime. [Cerveau et psycho N°21]

cerveau

En effet le mode d’apprentissage optimal s’obtient en associant divers paramètres.
Il est tout d’abord nécessaire de libérer l’esprit des préoccupations parasites. Maintenir une attention soutenue, alors que consciemment ou de façon subliminale, nous sommes sollicités par des sons ou l’agitation urbaine, (circulation), des souvenirs anxiogènes liés à l’environnement (réunions difficiles), relève de l’exploit. Les tensions mobilisent un espace attentionnel important et le cortisol (hormone du stress) inhibe notre réceptivité.
Les fonctions cognitives sont  renforcées quand un sens profond se dégage du projet. Cela est particulièrement vrai si au delà de notre projet professionnel, nous répondons à un besoin de réalisation spirituelle.
Rappelons-nous par ailleurs que nos souvenirs sont encodés dans le contexte:
– Spatial (où)
– Temporel (quand)
– Cognitif (qu’avons-nous pensé)
– Comportemental (qu’avons-nous fait)
– Émotionnel (qu’avons-nous éprouvé)
Il est ainsi aisé de comprendre que le choix des conditions d’apprentissage est primordial. C’est en portant une attention particulière à ces cinq éléments que nous induirons un meilleur ancrage et donc une meilleure pérennisation des acquis.
Les recherches en neurosciences ont montré que le système de récompenses/renforcements correspond à trois composantes psychologiques étroitement liées, les composantes: affective, motivationnelle et cognitive. Le paramètre émotionnel est malheureusement trop fréquemment négligé.
Nous sommes généralement soumis, au cours de notre vie, à de très nombreuses contraintes adaptatives. Si bien que par contraste, il s’avère parfois plus productif de privilégier le plaisir, la détente, le calme et la découverte pour stimuler notre appétence cognitive.
Dans ce type de contexte notre cerveau se met spontanément en mode apprentissage.

J’ai, par le passé, été présent à des formations très formelles qui se déroulaient dans une salles en tout point identique aux salles de réunions. Le contexte nous maintenait dans un état émotionnel proche de celui que nous connaissions lors des réunions de travail. Une part de nous même souhaitait s’évader.

Mais j’ai aussi connu des formations dans des lieux décalés où nous avions le sentiment de nous enrichir.  La pédagogie s’associait  de façon harmonieuse aux lieux et la convivialité augmentait notre intérêt pour le stage.

Les dirigeants et managers, dont l’obligation de résultat est grande n’ont nul besoin de tensions supplémentaires mais d’instants où ils pourraient prendre du plaisir à se former.

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16mar