Le présentéisme est-il productif ?

En 2010 l’absentéisme en France atteignait 4% (14,5 jours par employé). Et un cas sur deux était causé par le stress chronique. Mais peut-on être à la fois présent et absent ? C’est le présentéisme.

L’évasion

Lorsque le bénéfice devient inférieur aux inconvénients, les tensions supérieures à la satisfaction et que le sens de notre travail ne nous apparaît plus aussi clairement, notre esprit est le premier à quitter les lieux. Il faut dire qu’il lui est facile de s’affranchir du temps et de l’espace. Contrairement à notre corps qui lui est soumis aux lois de la physique. Ainsi, nous nous dédoublons. Nous laissons à notre réplique, le soin de mimer de façon plus ou moins crédible, l’employé consciencieux resté au bureau. Mais parallèlement, nous projetons notre être pensant sur le sable fin de nos dernières vacances, (dans le meilleur des cas) ou bien sur le divan du psychologue pour lui raconter notre détresse.

Le présentéisme

Pour éviter ce phénomène de « présentéisme », il faut conjuguer deux choses : d’une part, un effort personnel pour augmenter notre plaisir au travail (auto-motivation, recherche de sens, augmentation de l’estime de soi) et d’autre part une volonté importante des responsables des ressources humaines dans le but de permettre à chacun d’accéder à des formations . Des formations destinées précisément à faire prendre conscience des leviers de renforcement de ces aptitudes.

A l’âge de vingt ans, j’ai beaucoup voyagé, j’ai visité des contrées lointaines, j’ai été un chanteur adulé, il se peut même que j’ai découvert la pénicilline. Le tout sans quitter mon poste à la chaîne d’emballage de l’usine d’insecticide pour laquelle je travaillais pendant les mois d’été. Cela a certainement été plus productif pour mon imaginaire que pour le rendement de l’unité de production.

Crédit photo: www.elcapoutcha.skyrock.com

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08nov