Pourquoi pas notre propre Haka?

Le Haka (Ka mate) fascine. Il transmet une énergie telle que celle-ci semble se diffuser non seulement aux adversaires proches, mais également aux spectateurs présents dans l’enceinte et aux millions de téléspectateurs à l’autre bout de la planète.
Par quelle magie ?

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le Ka mate n’est pas réellement un chant de guerre. C’est un chant de résurrection, de survie. Un homme poursuivi par ses ennemis, persuadé qu’il allait être tué prononça « je meurs, je meurs » puis les entendant partir dis « je vis, je vis ». La suite :
« Tapez vos mains contre vos cuisses !
Que vos poumons souffle !
Pliez les genoux !
Laissez la hanche suivre !
Tapez des pieds aussi fort que vous pouvez !
Je meurs ! je meurs ! je vis ! je vis !
Je meurs ! je meurs ! je vis ! je vis!
Voici l’homme chevelu
Qui fait briller le Soleil
A nouveau pour moi!
Un pas vers le haut puis un autre pas !
Un pas !
Un autre pas !
Le Soleil brille!  »

Ces mots illustrent la conscience du corps vivant. Les mouvements qui énergisent.

Alors pourquoi un tel pouvoir évocateur?
Plus qu’ailleurs, on peut observer ici que cela ranime en nous les instincts puissants de l’humanité liés aux danger, au pouvoir. Mais également le besoin vital de se constituer en clan, de manifester face à nos ennemis la plus grande détermination.

On le voit bien, quel que soit notre environnement social ou notre culture, intuitivement nous percevons le sens de ce rituel. A travers ces mouvements puissants, parfaitement synchronisés, ces grimaces qui pour certaines évoquent la folie, c’est notre cerveau émotionnel qui est interpellé. A cet instant nous entrons en empathie avec l’équipe qui subit cette chorégraphie. Comme eux, nous sommes subjugué par cette volonté et cette puissance. Nos peurs et nos instincts primitifs sont toujours présents dans les méandres de notre cerveau.

L’héritage de notre espèce ne nous permet pas toujours de faire la différence entre un jeux et un combat, un véritable danger et une simple opposition relationnelle. On retrouve ces mécanisme dans la colère. On gesticule, parle fort et nos expressions faciales sont destinées à inspirer la crainte.

La conscience, heureusement, nous protège de l’instinct. Car moins un être a de conscience plus il obéit à l’instinct.

Tout ceci de doit pas nous empêcher d’utiliser certains des ressorts du Haka à notre profit. On peut par exemple s’en inspirer chaque matin pour stimuler nos ressources (évitez de le faire au bureau devant la machine à café !).

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03Oct