Une potion magique est-elle souhaitable?

Existe-t-il des moyens artificiels pour développer nos capacités fondamentales (motivation, confiance etc.) L’industrie pharmaceutique et la recherche sont-elles sur des pistes prometteuses?

L’article « Doper le cerveau à l’électricité  » dans le numéro de décembre du magasine Science et vie, le confirme.
De nombreux chercheurs ont fait la démonstration que placer des électrodes sur certaines zone du crâne améliorait significativement les capacités cérébrales.
Il existait déjà les pilules pour booster la mémoire (que connaissent bien les étudiants), les antidépresseurs , la caféine, les amphétamines et même l’homéopathie. Aujourd’hui c’est à l’électricité (qui a déjà révolutionné nos sociétés) que que nous demandons pour un coût dérisoire de repousser les limites de notre cerveau.
Alors faut-il s’en plaindre?
Sur un plan strictement thérapeutique, pour les patients qui ont subit des traumatismes par exemple, il faut certainement s’en réjouir. Mais qu’est-il des autres?
Chez l’individu, la recherche d’expériences et l’acquisition de connaissances sont surtout destinées à forger sa personnalité, son caractère. Ce qui va lui permettre de mieux s’adapter, de faire des choix de vie et de jouer un rôle constructif dans la société.
Le priver de cette démarche modifiera en profondeur nos comportements. Boris Vian disait « si tout le monde avait été contre l’évolution, on serait encore dans les cavernes à téter des grizzlys domestiques ».
En effet i, il faut se garder de ne voir dans  » le progrès » que des dangers mais il est plus important encore de ne pas vouloir être heureux pour de mauvaises raisons. Une fois encore ce que propose ces techniques naissantes c’est de nous exclure de notre propre développement. Un peu comme ce bétail nourrit aux hormones.
Alors à quoi bon faire du sport, du yoga, suivre des formations ou prendre des cours d’écriture si on peut développer notre confiance, notre créativité en quelques volts.
Sans nous être confrontés aux difficultés de l’apprentissage, aux échecs, à la découverte, notre personnalité ne sera qu’une coquille vide.
Et qu’en sera-il des relations humaines,
La littérature de science fiction dans les années soixante décrivait déjà des sociétés qui avaient abdiqué et s’en remettaient à des expédients pour stimuler leurs capacités.
Le plus grand risque est que nous déléguions notre propre progression. On ne peut se construire efficacement sans être l’acteur principal de cette construction.
Il est vrai que nos sociétés délivrent en masse le message contraire – l’état doit apporter du rêve, la consommation prodiguer du bonheur et la médecine assurer à elle seule la santé.

« Il n’y a pas d’oeuvre achevée, il n’y a que des , oeuvres abandonnées » écrivait Paul Valéry
Aussi, n’oublions pas chaque jour d’apporter une brique supplémentaire à notre édifice par des apprentissages nouveaux, des remises en question et un appétit de progrès.

Crédit photo: www.securitecivile.be

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